Immigration – Les dunkerquois veulent limiter la présence de lillois lors du carnaval

ter 2Les Suisses ont dit « oui » à 50,3 % à une limitation de l’immigration, notamment européenne, lors d’un référendum organisé dimanche, selon les résultats officiels. Ce vote a inspiré le collectif dunkerquois  »Touche pas à mon carnaval » qui vient de déposer à la CUD une demande de référendum pour limiter l’afflux de lillois durant les différents carnavals de Dunkerque.

Les lillois dénaturent le carnaval

Nicolas Le Peigne, président du collectif, veut qu’un système de contingents et de quotas soit établi pour limiter « les étrangers » durant les bandes et les bals du carnaval. En effet, il nous explique que cette présence est néfaste, et dénature les festivités :  »ces gens viennent faire carnaval sans connaître les codes, les chansons, etc. Tenez, samedi soir lors du Chat Noir, pas une ligne de bande ne tenait droit, c’était un bordel monstre. La faute à qui ? La faute aux lillois. Dès qu’ils sont un peu opprimés dans le chahut, ils veulent sortir à tout prix ! Quitte à mettre des coups où à insulter les vrais carnavaleux. Alors qu’il suffit juste de crier  »sortie » ! Mais ça, ils n’ont jamais voulu l’apprendre, donc on arrive à ce genre de situation. »

N. Le Peigne voudrait donc que les dunkerquois puissent s’exprimer  »pour ou contre » cette immigration massive qui, selon lui, dénature l’identité dunkerquoise, et met en péril le carnaval.

Un écho favorable parmi les dunkerquois

Selon un sondage Le Sprat Enchaîné – BVA – IFOP, 50,1% des dunkerquois seraient d’accord avec la proposition de Nicolas Le Peigne. Beaucoup en effet pensent que le carnaval perd de sa superbe lors des grandes bandes emblématiques qui attirent les lillois, comme celles de Dunkerque et de Malo-les-Bains.

Loin de se définir comme racistes, la plupart des personnes sondées pensent que lors du carnaval, les lillois devraient rester chez eux. Kevin Pichemou, 26 ans, professeur d’anglais, nous explique s’être déjà battu avec des bobos de Wazemmes, après avoir fait un petit zôt’che à l’une des filles du groupe.  »N’importe quel dunkerquois aurait bien réagi… Mais eux, ils sont différents, trop fermés, trop puritains. Ils n’ont rien à faire ici. », conclut-il.

Donner du temps aux lillois

Pour les lillois, il faut développer les échanges entre Dunkerque et Lille pour que la fête se passe au mieux. Hervé Obri, marié à une dunkerquoise, a l’habitude de venir au carnaval depuis plus de 20 ans. Il nous explique que les codes du carnaval, ça s’apprend : « ma femme m’a enseigné les chansons, les codes, les petits mots fleuris comme wiche, plat’che, picheploïe, tet’ches, etc. Chaque année, j’en apprends de nouveaux ! Il faut laisser du temps aux lillois […] Nous pensons sérieusement créer une école de carnaval à Lille pour donner des enseignements de base aux lillois sur cette fête populaire, et pour qu’ils puissent passer un bon séjour sur la côte […] Nous sommes pour l’interculturalité, la solidarité, et l’amour du prochain. Et je sais que les dunkerquois ont beaucoup d’amour à revendre. Il faut qu’ils fassent confiance aux lillois. Qu’ils les aident dans leur apprentissage des rites du carnaval ! Ça sera plus simple que de les rejeter en masse sans raison. »

Est-ce que les dunkerquois seront assez ouverts pour accueillir à bras ouverts les lillois qui ne demandent qu’à faire la fête ? Ces derniers vont-ils respectés plus scrupuleusement les rites et codes du carnaval ? Réponse les 2 et 9 mars prochain.

La rédaction

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