Bande de Malo-les-Bains : le carnaval le plus chaud, mais aussi le plus arrosé de la décennie.

article_0201-LIL03-BAINS’il faisait 17° sur la Côte d’Azur ce week end, à Malo-les-Bains pour la dernière bande du carnaval de Dunkerque, les températures sont montées jusqu’à 34° sous les clet’ches. La faute a une météo détraquée qui a fait exploser le thermomètre pour le mois de mars. Les carnavaleux ont dû composer avec ce changement, pas toujours facile à gérer.

Les mieux placés pour en parler, sont ceux qui ont eu le courage d’arborer la fourrure, malgré un soleil de plomb. Piou-Piou, habitué des bandes depuis 25 ans, a trouvé la technique pour éviter que son déguisement devienne un vrai sauna : créer une fourrure qui évacue la transpiration. Comment ? En créant un système intégré d’aérations, et en utilisant des  matières de qualité supérieure (poils de zob) qui assurent une évacuation optimale de la transpiration. « Je peux profiter de mon clet’che habituel et garder une peau fraîche toute la journée malgré la chaleur ambiante. Je l’avais déjà testée lors des bals, et cette première expérimentation  à l’extérieur est une franche réussite » nous explique t-il.

D’autres ont fait preuve de plus de facilité, en enlevant les couches superflues de vêtements. Didier, professeur de mathématiques dans la vie civile, déguisé en grand noir au carnaval, s’est directement peint tout le corps en noir. « Ça aura été un sacré bordel pour me recouvrir le corps de peinture, j’ai dû utiliser sept pots ! Et ça sera un sacré bordel pour tout enlever aussi, mais je pense piquer une tête dans la mer pour enlever tout ça avant de rentrer à la maison », précise t-il.

Natasha, elle, n’a pas fait de fioritures. Déguisée chaque année en « pu-pute », elle n’a pas dérogé à la règle et n’a dû que très peu modifier son déguisement.  »Il est déjà très léger il faut dire : bas résilles, string, et soutien-gorge affriolant avec une fourrure par dessus. Mais là cette année, j’ai enlevé le soutif, c’est insupportable avec cette chaleur. »

Mais certains, n’ont pas écouté les prévisions météo et ont vécu un véritable calvaire durant la bande de Malo. Selon les services de La Croix Rouge, plus de 300 cas de déshydratation sévère ont été diagnostiqués. Pour Yves Cochard, bénévole à la Croix Rouge, c’est « la faute à des déguisements inadaptés à cette chaleur […] Rien que dans l’après-midi, nous avons transporté à l’hôpital un chewbacca, cinq lapins en fourrure, trois canaris, et un homard shérif. »

Pourtant, les bars et autres chapelles ont connu une affluence record pour servir des boissons fraîches aux carnavaleux assoiffés. Pour Marine, gérante de Les Sprats Drilles, elle avoue n’avoir jamais fait un chiffre d’affaire aussi important lors du carnaval. « Les bières se sont vendues à tour de bras, viennent ensuite le Ricard et les punchs, auxquels nous avons rajouté des glaçons pour que ça soit bien frais. » Par contre, les ventes de bouteilles d’eau sont restées au plus bas. Ce qui explique peut être qu’il y ait eu autant de cas de déshydratation, comme nous le rappelle Yves Cochard :  »Il ne faut pas oublier que lorsqu’on boit une bière, on en pisse deux… Avec la chaleur cet effet s’accentue, ce qui crée un risque accru de déshydratation.Il faut boire aussi beaucoup d’eau, ce que certains ont semblé avoir oublié… »

Les carnavaleux sont prévenus pour les prochaines bandes qui se dérouleront, peut être, sous une chaleur aussi exceptionnelle. Mais beaucoup espèrent tout de même retrouver l’année prochaine un carnaval avec des températures normales (avoisinant les 0°c) parce que comme nous l’a fait remarquer Piou-Piou,  »On est pas à Rio ici bordel ».

La rédaction.

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Immigration – Les dunkerquois veulent limiter la présence de lillois lors du carnaval

ter 2Les Suisses ont dit « oui » à 50,3 % à une limitation de l’immigration, notamment européenne, lors d’un référendum organisé dimanche, selon les résultats officiels. Ce vote a inspiré le collectif dunkerquois  »Touche pas à mon carnaval » qui vient de déposer à la CUD une demande de référendum pour limiter l’afflux de lillois durant les différents carnavals de Dunkerque.

Les lillois dénaturent le carnaval

Nicolas Le Peigne, président du collectif, veut qu’un système de contingents et de quotas soit établi pour limiter « les étrangers » durant les bandes et les bals du carnaval. En effet, il nous explique que cette présence est néfaste, et dénature les festivités :  »ces gens viennent faire carnaval sans connaître les codes, les chansons, etc. Tenez, samedi soir lors du Chat Noir, pas une ligne de bande ne tenait droit, c’était un bordel monstre. La faute à qui ? La faute aux lillois. Dès qu’ils sont un peu opprimés dans le chahut, ils veulent sortir à tout prix ! Quitte à mettre des coups où à insulter les vrais carnavaleux. Alors qu’il suffit juste de crier  »sortie » ! Mais ça, ils n’ont jamais voulu l’apprendre, donc on arrive à ce genre de situation. »

N. Le Peigne voudrait donc que les dunkerquois puissent s’exprimer  »pour ou contre » cette immigration massive qui, selon lui, dénature l’identité dunkerquoise, et met en péril le carnaval.

Un écho favorable parmi les dunkerquois

Selon un sondage Le Sprat Enchaîné – BVA – IFOP, 50,1% des dunkerquois seraient d’accord avec la proposition de Nicolas Le Peigne. Beaucoup en effet pensent que le carnaval perd de sa superbe lors des grandes bandes emblématiques qui attirent les lillois, comme celles de Dunkerque et de Malo-les-Bains.

Loin de se définir comme racistes, la plupart des personnes sondées pensent que lors du carnaval, les lillois devraient rester chez eux. Kevin Pichemou, 26 ans, professeur d’anglais, nous explique s’être déjà battu avec des bobos de Wazemmes, après avoir fait un petit zôt’che à l’une des filles du groupe.  »N’importe quel dunkerquois aurait bien réagi… Mais eux, ils sont différents, trop fermés, trop puritains. Ils n’ont rien à faire ici. », conclut-il.

Donner du temps aux lillois

Pour les lillois, il faut développer les échanges entre Dunkerque et Lille pour que la fête se passe au mieux. Hervé Obri, marié à une dunkerquoise, a l’habitude de venir au carnaval depuis plus de 20 ans. Il nous explique que les codes du carnaval, ça s’apprend : « ma femme m’a enseigné les chansons, les codes, les petits mots fleuris comme wiche, plat’che, picheploïe, tet’ches, etc. Chaque année, j’en apprends de nouveaux ! Il faut laisser du temps aux lillois […] Nous pensons sérieusement créer une école de carnaval à Lille pour donner des enseignements de base aux lillois sur cette fête populaire, et pour qu’ils puissent passer un bon séjour sur la côte […] Nous sommes pour l’interculturalité, la solidarité, et l’amour du prochain. Et je sais que les dunkerquois ont beaucoup d’amour à revendre. Il faut qu’ils fassent confiance aux lillois. Qu’ils les aident dans leur apprentissage des rites du carnaval ! Ça sera plus simple que de les rejeter en masse sans raison. »

Est-ce que les dunkerquois seront assez ouverts pour accueillir à bras ouverts les lillois qui ne demandent qu’à faire la fête ? Ces derniers vont-ils respectés plus scrupuleusement les rites et codes du carnaval ? Réponse les 2 et 9 mars prochain.

La rédaction


Carnaval – Ces dunkerquois qui n’iront pas au Bal du Chat noir à cause d’une phobie.

Businessman in big problem(special photo f/x)De nombreux dunkerquois commencent à trépigner d’impatience à l’idée de commencer la saison carnavalesque lors du Bal du Chat Noir, qui aura lieu au Kursaal ce samedi 8 février. Cette joie n’est pas partagée par tous. Pour certains, cela peut même se transformer en un véritable cauchemar. Nous connaissons tous les agoraphobes ou les claustrophobes. Mais d’autres phobies très rares existent, et empêchent certains dunkerquois de profiter de ce moment de fête. Témoignages.

Jocelyne, 52 ans, Coudekerque-Branche, coulrophobe.

« J’adorais le carnaval étant petite. J’y allais avec mes copines, c’était vraiment très bien. Et puis un jour, j’ai vu un type déguisé en clown. A ce moment là, j’ai ma main qui tremble, les épaules qui bougent, les pieds qui dansent et je suis devenue toute rouge.  J’ai cru que je faisais un Ouchouchouche, mais en fait non, j’étais prise d’un malaise […] C’est plus tard que j’ai compris que c’était à cause des clowns : j’ai été à un conseil municipal de Dunkerque, et les mêmes symptômes sont apparus. J’ai vite  fait le lien  […] Même si aujourd’hui il y a moins de gens qui se déguisent de cette manière, j’évite d’aller aux bals et aux réunions politiques, j’ai trop peur d’en croiser un. »

Maxence, 26 ans, Gravelines, ailurophobe.

« Depuis que mon frère m’a enfermé dans un placard pendant deux jours  avec des chats qui m’ont pissé dessus et qui ont essayé de me bouffer, j’ai une peur bleue de ces bestioles. Alors pour moi, impossible de rentrer dans un bal qui s’appelle le Chat Noir [… ] Mon psychologue m’a dit que pour vaincre ma phobie, je devais jeter des chatons contre un mur. Mais vu le scandale suscité par le type de Marseille qui a fait cette thérapie et qui se retrouve en taule, je préfère m’abstenir. Je me rattraperai en faisant les bandes ».

Didier, 47 ans, Saint-Pol-Sur-Mer, transphobe et xénophobe.

« Moi je ne peux pas voir en peinture ces tarlouzes là, qui aiment se déguiser en femmes ! Alors mettre les pieds dans un endroit où il n’y a que ça, hors de question ! D’ailleurs j’ai entendu dire qu’il y avait une manifestation contre le carnaval dimanche, et je pense bien y aller ! Parce que la théorie du genre là, c’est super dangereux, ça brouille les pistes, on ne sait plus si on a affaire à une gonzesse, ou à un mec. Donc stop aux transsexuels, et aussi aux Grands Noirs, qu’ils retournent faire carnaval dans leurs pays ! »

Mathilde, 19 ans, Dunkerque, émétophobe.

« Y’a une année où j’ai pris une sacrée cuite au bal du Chat noir. J’ai vomi tout ce que mon petit corps pouvait contenir. Et depuis ce jour-là, j’ai une peur incontrôlable des gens qui vomissent. Alors  hors de question de faire carnaval ! Parce qu’avec toute cette viande saoule qui tire des fusées dans la traille, comme on dit ici, ben je préfère rester chez moi ! »

La rédaction.


Société – La Manif pour tous organise une marche contre le Carnaval de Dunkerque.

manif pour tous dunkerqueCe samedi aura lieu au Kursaal le Bal du Chat Noir, qui sonne le début des festivités du carnaval de Dunkerque. Ce week-end de fête attendu par tous les dunkerquois, risque de prendre cette année une tournure inédite avec l’organisation d’une manifestation ce dimanche, ouvertement opposée au carnaval.

Une fête barbare qui massacre l’esprit des enfants

Absent du paysage politique dunkerquois jusqu’à aujourd’hui, c’est le collectif de La Manif pour tous  qui est à l’origine de cet appel. Né à Paris en 2013 pour s’opposer au projet de loi du mariage homosexuel, le mouvement mené par Anne-Charlotte De La Cruche, lutte aujourd’hui ardemment contre le gouvernement, et sa prétendue « volonté de transformer les filles en garçons, et les garçons en petites filles ».

Contactée ce matin par notre journaliste, Mme De la Cruche nous explique que « le carnaval de dunkerque est une abomination, un danger pour les valeurs de la famille […] Comment voulez-vous qu’un enfant ne soit pas déstabilisé par la vision de son père enfilant le soutien-gorge et les bas de sa mère pour aller chanter dans la rue ? » questionne t-elle. « Il faut que les dunkerquois se réveillent, et prennent conscience du danger que représente cette fête barbare qui massacre l’esprit des enfants. Nous appelons donc au boycott et à l’annulation de toutes les bandes et de tous les bals. «  affirme t-elle.

Les femmes ne peuvent pas bander

La tâche semble ardue, tant le carnaval est une fête populaire qui attire aussi de nombreux habitants de la région, ou même de toute la France. Mais la présidente du collectif La Manif pour tous, ne semble pas impressionnée par le défi. « Nous avons des contacts sur Dunkerque prêts à se mobiliser. Un père de famille nous a appelé en pleurant, et nous a expliqué avoir surpris, un jour de bande, son fils aîné entrain d’utiliser le rouge à lèvres et le vernis à ongles de sa femme pour se déguiser. Et vous savez le pire ? L’enfant lui aurait dit en le voyant  »Ben qu’est-ce ça dit ma tante ? ». Nous avons ici un exemple concret de ce que le Carnaval de Dunkerque est vraiment : une fabrique de tarlouzes et de gouines. » 

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La manifestation de dimanche attirera-t-elle autant de monde qu’à Paris ?

Pour connaître le modus operanti de ce collectif, nous avons rencontré ce père de famille,  Jean Kouinsset, membre de la section dunkerquoise de La Manif pour tous. Il annonce que des opérations coup de poing auront lieu durant toute la période du carnaval. Il évoque même la possibilité de bloquer l’entrée des bals, ou de jeter des bibles lors des jets de harengs. Pour ce père de 56 ans, cadre chez EDF, son combat est plus qu’urgent :  »quand j’entends que certaines femmes s’en vont bander, j’ai des frissons de dégoût qui me traversent tout le corps. Mis à part les transsexuels, les femmes ne peuvent pas bander ! Le rôle d’une bonne mère est d’être derrière les fourneaux, pas dans les chahuts à faire la bringue. »

La religion catholique en danger

En plus d’être inquiet pour le modèle familial français, Mr Kouinsset nous affirme qu’avec le carnaval, c’est toute l’Église Catholique qui est en péril : « dans la tradition chrétienne, les chapelles sont un lieu de recueillement, de prières. Mais à Dunkerque, c’est l’enfer qui s’y trouve pendant le carnaval. On m’a parlé de chapelles où la bière et le champagne coulaient à flots ! Où les gens dansaient le Ouchouchouche ! Vous vous imaginez que ces pratiques s’étendent aux chapelles du monde entier ? Vous vous imaginez le pape François danser sur le Ouchouchouche ? Non, il faut se battre pour défendre notre religion et notre morale, qui sont en danger de morts », nous assure-t-il.

La diversité des arguments avancés par La Manif pour tous sont-ils assez convaincants pour détourner les dunkequois d’une fête traditionnelle qui est inscrite dans les mœurs depuis de nombreuses décennies ?  Pour Anne-Charlotte De la Cruche, il n’y a aucun doute, « il faut remettre dans le droit chemin cette bande de pécheurs […] Je ne doute pas un instant que dimanche (9 février à 9h Place Jean Bart, ndlr) nous serons des milliers à manifester contre le carnaval de Dunkerque et pour la défense des inégalités hommes-femmes. »

La rédaction